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REGISTRES DU BUREAU
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DCCXII. — Mandemens aux xvi Quarteniers.
i4 juin 1565. (H i784, fol. 3og r°.)
De par les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de paris.
"Sire Jacques Kerver, Quartenier de lad. Ville, nous vous mandons, que suivant l'arrest de la Court de Parlement, dont coppye vous fust baillée dès l'année passée, que ayez à appeller voz Cinquante­niers et Dixiniers avec l'ung des marguilliers des parroisses de vostred. quartier, et allez avec le com­missaire du quartier en chascune maison particuliere les advertir quc, suivant ce qui est accoustumé, ilz ayent à tendre leurs huys le jour de la feste du Sainct
Sacrement et les octaves, es lieux où passent les pro­cessions, s'il y en a aucuns qui reffusent de tendre, lesd, jours, leur enjoindre de par le Roy qu'ilz ayent à souffrir que les marguilliers de leurd, parroisse facent tendre pour eulx devant leurs maisons, lesd, jours, et en exécutant ce present mandement, main­tenez vous modestement par doulceur et amityé sans user de parolles rigoureuses ny provocantes à tu­multe ou sédition, sur les peines contenues aud. ar­rest. Si n'y faictes faulte.
"Faict au Bureau de lad. Ville, le xiiii6 jour de Juing vc Ixv. "
DCCXIII. — Lettres du Roy envoyées à monseigneur le mareschal de Montmorency, Gouverneur de Paris, touchant le pastel.
12 juin i565. (II 1784, fol. 309 v°0
"Mon cousin, l'on m'a mis ung party en avau t pour me donner moien de rachepter en une année tout le domaine que tient en mon royaulme l'infante de Por­tugal'1', qui est de grand prouffict et revenu, en quoy je n'auroie pas moings d'aventaige que d'un million ou douze cens mil livres, lant pour le princi­pal dud. rachapt qui est de trois cens mil escus, que pour les arreraiges qui sont deubz dud. domaine, du temps des guerres passées, qu'elle n'en a point joy. Mais pour ce qu'il est question par led. party de re­duire en la main de quelques particulliers tout le traf-ficq du pastel'2' qui se tire hors de mond, royaulme, je n'y ay pas voullu entrer, quelque apparent prof­fict et aventaige qui me soit asseuré pour une telle ouverture, que premierement je n'aye faict commu-nicquer le memoire qui en a esté dressé aux marchans de mond, roiaulme, qui trafficquent dud. pastel, pour sçavoir quel interest ilz pourront avoir en accordant le contenu aud. memoire, et sy led. interest est tel qu'il merite d'estre plus consideré que l'utilité qui m'en est proposée et asseurée, ilz advisent entre eulx, comme ceulx que j'estime n'avoir faulte d'affection à la subvention de mes affaires, de me proposer les
autres moiens à prandre sur led. pastel qu'ilz verront et congnoisteront moings dommageables pour eulx, dont je puisse estre secouru au rachapt dud. do­maine, d'autant que ce que j'en desire n'est pour aultre effect et intention. Et pour ce, mon cousin, que je sçay qu'il y a nombre de marchans trafficquans dud. pastel en ma ville de Paris, je vous prie les faire venir par devers vous pour leur remonstrer ce que dessus, et après leur avoir baillé led. memoire et limitté le temps pour y adviser, retirez d'eulx par escript la responce et les ouvertures qu'ilz me voul­dront faire là dessus, que vous m'envoyerez le plus tost qu'il vous sera possible, d'autant que ceulx qui me proposent ce premier party demandent à estre resoluz de ma response avant que j'eslongne ces quar­tiers; et j'ay bien grande occasion de désirer d'y veoir une prompte fin, qui soit à l'utilité de mon service et subvention de mesd. affaires, qui en ont le besoing que vous sçavez ; priant Dieu, mon cousin, qu'il vous ayt en sa saincte garde.
"Escript à Bayonne, le xii0 jour de Juing 1565.» Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : Bourdin.
d' Marie de Portugal, fille et seule héritière de la reine Eléonore douairière de France qui était usufruitière des comtés de Poitou, Mantes et Meulan, mariée à Bruxelles en juillet 1565 à Alexandre Farnèse, 1" du nom, duc de Parme et de Plaisance. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1' i6i5, fol. n5.)
(2) Le pastel, aulrement nommé guesde, provenait d'une plante cultivée surtout dans le Languedoc et était fort employé dans la tein­turerie pour préparer les étoffes à recevoir les autres couleurs. (Dictionnaire de Trévoux.)